Chers élèves de terminale. Je m’adresse à vous avec une grande tristesse.
Aujourd’hui, nous cherchons encore à comprendre.
Comprendre pourquoi tant de violence.
Pourquoi tant de haine, de colère, de malveillance.
Pourquoi détruire le mobilier d’un collège qui vous a accueillis, accompagnés, formés, parfois même relevés quand la vie devenait difficile.
Ces murs ne sont pas seulement du béton et des tables cassées.
Derrière chaque salle, chaque couloir, chaque chaise renversée, il y a des femmes et des hommes qui se fatiguent chaque jour pour vous offrir un lieu digne. Un lieu pour apprendre. Un lieu pour grandir. Un lieu pour devenir les adultes de demain.

Alors pourquoi avoir détruit cela ?
Pourquoi avoir semé la peur chez des enfants et des adolescents qui n’avaient rien demandé ?
Pourquoi avoir blessé certains et traumatisé d’autres ?
Qu’est-ce que cette violence vous a apporté ?
Où pensiez-vous aller avec cette colère ?
Expliquez-nous.
Faites-nous comprendre.
Parce qu’aujourd’hui, au-delà des dégâts matériels, c’est une profonde tristesse qui demeure.
Et maintenant, que doit-on faire ?
Vous punir ? Vous sanctionner ?
Faut-il briser votre avenir pour ce que vous avez fait ?
La vérité, c’est qu’aucune société ne peut accepter la violence, la peur et la destruction. Des actes ont des conséquences. Toujours.
Mais derrière chaque faute, il y a aussi une question essentielle;
comment empêcher que cela recommence ?
Comment transformer cette colère en quelque chose de meilleur ?
Nous attendions de vous l’exemple la fierté.
Nous avons vu la colère.
Nous espérons encore voir la prise de conscience.
Car grandir, ce n’est pas être parfait.
Grandir, c’est reconnaître ses erreurs, assumer ses actes et trouver la force de réparer ce qui a été détruit.
Un établissement scolaire ne se construit pas seulement avec des murs, des tables ou des cahiers.
Il se construit avec des rêves, des sacrifices, des efforts silencieux et des adultes qui consacrent leur vie à essayer de préparer la vôtre.
En détruisant votre collège, ce n’est pas seulement du mobilier que vous avez brisé.
Vous avez abîmé un lieu qui croyait en vous.
Un lieu qui, malgré tout, continuera encore demain à ouvrir ses portes pour vous donner une chance de devenir meilleurs.
Mais retenez ceci pour toute votre vie,
la violence ne laisse jamais une trace de grandeur.
Elle ne fait que révéler les blessures qu’on refuse de guérir.
La vraie force n’a jamais été de casser, d’humilier ou de faire peur.
La vraie force, c’est de savoir se relever sans détruire les autres.
C’est de protéger au lieu de blesser.
C’est de construire quand tout en nous pousse à détruire.
Car un jour, les cris se taisent, les flammes s’éteignent et la colère disparaît…
Mais les conséquences, elles, restent dans les mémoires de ceux qui ont eu peur, de ceux qui ont pleuré, et de ceux qui continuaient simplement à croire en vous.
Et peut-être que la plus grande question n’est pas,
« Pourquoi avez-vous fait cela ? »
Mais plutôt
« Que ferez-vous maintenant pour redevenir dignes de l’avenir qui vous attend ? »
Anne-Marie Dubot
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